Nouvelle interview d’un collectionneur de jeux retro sur le blog d’Holdies. Cette semaine nous rencontrons Mathieu qui nous parle de sa passion pour le rétrogaming !

Holdies: Bonjour Mathieu, peux-tu nous faire une présentation personnelle rapide ?

Bonjour, je m’appelle Mathieu Goux, j’aurai bientôt 30 ans et je suis chercheur en linguistique française à Lyon. Je suis également auteur de plusieurs romans édités, et j’écris régulièrement sur les jeux vidéo, que ce soit dans les magazines ou sur Internet (notamment sur ZePlayer.com et Grospixels.com, sous les pseudonymes respectifs de « Mathieu » et de « MTF »). J’anime aussi un podcast sur le jeu vidéo et sa grammaire, « Ludographie Comparée », sur Radiokawa.com, un réseau de podcasts francophones.

Mathieu Goux MTF Collectionneur Zelda


H : Parle-nous un peu de ta passion pour le retrogaming, comment et quand as-tu commencé à t’y intéresser ?

Aussi loin que je puisse m’en rappeler, j’ai toujours eu une manette dans les mains, de NES tout d’abord, de SNES ensuite, une Game Boy entre temps… et comme je prends grand soin de mes affaires, j’ai toujours tout conservé amoureusement. Le temps avança, et ce qui était alors qu’une collection personnelle est devenue, par la force des choses, une collection « retrogaming » !

Après coup cependant, je suis revenu aux vieilles consoles et aux vieux jeux d’abord par l’intermédiaire de l’émulation, qui m’a permis de faire des jeux que je n’avais pas pu m’offrir à l’époque et qui me faisaient rêver pourtant puis, petit à petit, j’ai glané ceci ou cela, qui sur les brocantes, qui en ligne, qui par des amis ou des rabatteurs…

En fait, j’ai toujours été joueur : que ce soit moderne ou rétro, je ne vois pas vraiment de solution de continuité, et je ne suis pas responsable du temps qui passe ! Un bon jeu le reste, quelle que soit l’époque que l’on traverse. Je suis intéressé par le jeu vidéo, voilà tout : et j’évite de lui mettre des étiquettes, l’intemporel préférant toujours les armes aux armoiries.

H : Y a-t-il un jeu que tu préférais par-dessus tout étant jeune ?

En choisir un en particulier est assez compliqué tant j’ai pu jouer encore et encore aux mêmes titres, au point de friser la monomanie. Mais si je devais cependant en élire un, je dirais bien The Legend of Zelda: A Link to the Past sur SNES. Il y avait pour moi là quelque chose de fascinant : alors que je jouais surtout aux platformers comme Super Mario Bros., Zelda m’a proposé une aventure radicalement différente, loin de ce que je pouvais connaître.

J’ai eu du mal à le maîtriser néanmoins, et je mourais souvent au commencement. Je persévérais encore et encore et, enfin, je le terminais… pour mieux le recommencer ! Je me devais de trouver tous les secrets, puis je m’imposais des contraintes diverses, comme m’interdire d’utiliser la magie (autant que faire se pouvait !) ou me priver de certains objets… L’obsession puérile devint ensuite tradition adulte : depuis mon adolescence, je refais le jeu, intégralement ou en partie, au moins une fois l’an, et je continue de m’émerveiller de sa richesse, de sa beauté et de son intelligence.

J’aimais le jeu vidéo avant de connaître A Link to the Past ; mais après l’avoir parcouru, j’étais persuadé que ma vie s’articulerait d’une façon ou d’une autre autour de ce média.

H : Peux-tu nous présenter ta collection de jeux et consoles retro ?

Bien sûr ! Sur les photos, les choses ne rendent pas forcément bien car mon appartement est petit, car une part non négligeable de ma collection est encore chez mes parents et, enfin, car je suis mauvais photographe.

Mathieu Goux MTF Collectionneur

Globalement, je me suis surtout concentré sur les consoles Nintendo, car ce sont les jouets de mon enfance ; la SNES surtout et la N64, de même que les Game Boy (toutes générations) sont les mieux pourvues chez moi, si je puis dire, et je les sors régulièrement de leurs étagères.

Depuis deux ou trois ans, je commence à aller du côté des micros et du PC, que j’avais longtemps négligés ; et je reste assez fier de mon CD-I, qui trône toujours sous ma télévision si jamais envie me prend de faire une partie de Kether sur le pouce. J’ai aussi quelques petites pièces dont je suis fier, qu’elles soient d’époque (Donkey Kong Country 3, Grim Fandango, Rayman 2 ou Conker’s Bad Fur Day) ou achetées ultérieurement (Symphony of the Night, Discworld, Ristar…), sans parler de tout ce qui est dématérialisé à présent, et que j’ai pu glaner sur GoG ou sur Steam.

J’entretiens un fort lien affectif avec la majorité des jeux ou des consoles que je peux posséder, et je ne cherche pas à acquérir des pièces pour leur valeur marchande ou leur rareté intrinsèque : loin d’être un conservateur, je suis avant toutes choses un joueur pratiquant, et j’entends le rester.

H : Quand as-tu commencé ta collection ?

Il est difficile pour moi de dater précisément le commencement de tout ceci, compte tenu de la continuité de ma pratique ludique comme je le disais plus haut, et aussi parce que je retiens très difficilement les dates.

Si je devais estimer les choses cependant, je dirais que cela s’est fait vers mes vingt ans : à cet instant, je réussis à mettre suffisamment d’argent de côté pour chiner à gauche et à droite, et je découvrais réellement l’Internet, qui me permit de communiquer avec d’autres personnes partageant ma passion et d’envisager mes premiers échanges et mes premiers achats.


H : As-tu un Graal, un jeu ou une console que tu rêverais de posséder ?

Sans hésitation, Earthbound sur SNES. C’est un jeu que j’adore ; je l’ai terminé une éternité de fois ; et je le désire plus que tout. Je ne veux pas même une édition complète, un guide ou des figurines, rien de tout cela, la cartouche seule m’irait volontiers ; mais la spéculation sur ce jeu est telle que les prix me semblent incongrus… ou du moins, bien trop élevés pour ma modeste bourse.

Alors je patiente ; « mais un jour, il sera mien. Oh, oui : un jour, il sera mien ».


H : Combien de temps par semaine/mois consacres-tu à ta passion, et qu’est-ce-qui est le plus chronophage ?

Encore une fois, il est difficile pour moi d’évaluer ceci, surtout que ces derniers mois, mes activités professionnelles et mes obligations personnelles m’ont quelque peu éloigné de ma collection vidéoludique. Je dirais cependant que le plus chronophage, c’est encore de faire la poussière sur les étagères, car je ne peux pas toujours jouer à tout, et je manque de place pour exposer agréablement ce que j’ai !

H : Comment tes proches perçoivent-ils ta passion ?

J’ai la chance d’être accompagnée par une femme qui est aussi passionnée que moi par les jeux vidéo, sinon plus parfois, et qui voit donc d’un très bon œil ma collection. J’ai eu le bonheur de lui faire découvrir certains jeux, et elle m’en a fait découvrir d’autres… Les grands esprits se sont rencontrés, pour ainsi dire. Il en va de même pour mes amis, qui sont pour la plupart intéressés par la culture populaire dont les jeux vidéo font partie.

En fait, je dirais que celle avec qui je suis le plus en délicatesse à ce propos, c’est ma mère : mon stock (sans parler du reste, dont mes bandes dessinées et mes livres, mes CD…) occupe une part non négligeable de sa modeste maison. Mais c’est promis : dès que j’ai la place, je rapatrie tout cela aussi sec dans ma future ludo-biblio-cinémathèque !

H : Au final, le temps que tu consacres à ta passion, c’est plus collectionneur ou gamer ?

Joueur, comme on l’aura compris ! Il y a quelque chose de merveilleux, je trouve : c’est une collection vivante. On peut manipuler les jeux, les essayer, les reprendre, les montrer, les finir ou les admirer ; les boîtes sont joliment colorées, les manuels – un art hélas disparu – remplis de dessins rigolos voire de jeux de mots. Il me semble qu’il y a là un plaisir bigarré, qui emprunte à nombre d’arts : il y a la couleur du bibliophile et le mouvement du cinéphile, l’air du mélomane et l’insolite du cabinet de curiosités. On peut y trouver tout ce que l’on souhaite, du moment que l’on n’a pas peur des gros pixels !

H : As-tu déjà envisagé de te séparer un jour de ta collection ?

Jamais, mon général ! Même en période de disette, j’ai toujours renâclé à me séparer du moindre morceau de ma collection. C’est à cause de ce lien affectif dont je parlais : chaque jeu, chaque console ou accessoire représente un souvenir, une étape de ma vie. Pour ainsi dire, je suis un peu comme Picsou avec les pièces de son coffre-fort : je me rappelle chaque histoire, je me souviens de chaque vie de ces jeux. À l’instar des livres de ma bibliothèque, ils composent chacun une partie de mon existence : on cherchait le TARDIS bien loin, car il me suffit de parcourir des yeux ma collection pour voyager dans le temps et dans l’espace.


H : As-tu d’autres collections/passions ?

Sans aller jusqu’à la collection, je suis grand lecteur en général, que ce soit de mangas, de bandes dessinées ou de livres. L’écriture, qui n’est jamais que l’autre versant de la lecture, m’occupe également énormément, tant du point de vue professionnel que personnel.

H : Tu as créé un blog sur ta passion des jeux retro, peux-tu nous le présenter?

Moins qu’un blog spécialement dédié aux jeux vidéo (pour cela, je vous renvoie à ZePlayer.com, à Grospixels.com et à Radiokawa), je mets à jour chaque semaine un journal où je parle de mes amours culturelles, qu’elles soient vidéoludiques, littéraires, cinématographiques, musicaux… Il s’agit de gouxmathieu.over-blog.fr, ou « Nulla Dies Sine Linea » de son petit (sur)nom. J’essaie de rattacher ce blog à ses origines, autrement dit d’en faire un carnet autobiographique : et devoir ainsi l’entretenir m’oblige à la curiosité, et à toujours chercher ce que je ne connais point pour en parler ensuite. De la même façon que le marathonien fera son jogging en vue de la grande compétition, je rédige des billets de blog pour nourrir ce que seront mes futures revues ou mes futures émissions de radio.

De la constance, avant et surtout ; de la curiosité, encore et encore ; et du jeu, toujours et partout !

H : Merci à toi Mathieu pour avoir partagé ta passion avec nous.

Et si vous cherchez en permanence à compléter votre collection de jeux vidéo, il vous suffit pour cela de découvrir les ventes sur Holdies avec le site Web ou l’application en versions iPhone et Android.

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Et si vous voulez apprécier d’autres collections rétrogaming, passez voir l’incroyable collection de Stéphane ainsi que toutes les autres disponible sur notre blog!

 

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