Aujourd’hui Holdie’s rencontre un nouvel arrivant dans la communauté Holdie’s retrogamming : Loïc qui va nous faire partager sa passion en tant que collectionneur et joueur et surtout comment il perçoit l’évolution des jeux vidéo…

Historique d’un collectionneur

Holdie’s : Salut, Peux-tu nous faire une petite présentation ? Qui es-tu ?

Loïc : Je m’appelle Loïc, j’ai 28 ans, je suis passionné par NINTENDO depuis la première heure. Tout a commencé avec la NES vers mes 5-6 ans, mes premiers jeux ont été Super Mario Bros et les Tortues Ninja.

H : Aujourd’hui, tu te considères plus comme un collectionneur ou comme un joueur ?

L : A vrai dire, ça à pas mal évolué. Au début j’étais bien plus joueur mais vers la fin de l’adolescence je me suis vraiment mis à collectionner. Je faisais beaucoup de vide-greniers avec mon père ce qui me permettait d’étoffer ma collection.

Par la suite c’est même devenu mon métier ! J’ai travaillé dans le jeu vidéo à Paris pour l’entreprise F4.

H : Comment en es-tu arrivé là ?

L : Après une licence informatique j’ai fait un DU de jeux vidéo, je voulais vraiment travailler dans ce milieu, c’était un rêve de gosse d’avoir mon nom au générique d’un jeu. A la fin de mon DU, j’ai fait mon stage de fin d’année chez F4 où j’étais testeur sur 2 jeux (des MMORPG PC) : Empire of Sports (Jeu de sport en ligne) et Exalight (Jeu de course en ligne).

Certains après-midi je jouais non-stop pour améliorer et équilibrer le gameplay des jeux, c’était un chouette travail, mais le jeu vidéo ne paye pas si bien que ça. Mais j’ai au moins pu avoir mon nom sur le générique de 2 jeux.

H : Et la passion jeu vidéo ? A 5 ans tu joues beaucoup… mais tu aurais pu collectionner autre chose ?

L : C’est vrai qu’au début, quand j’étais petit, je collectionnais les Pogs, les cartes de basket  ou DBZ…

Puis je me suis concentré sur les jeux vidéo, j’avais vraiment envie de conserver ce patrimoine.

Enfant, tu ne fais pas attention, tu déchires ou ne gardes pas les boites (quand j’y repense aujourd’hui j’ai envie de me baffer, c’est horrible !)

J’ai donc d’abord voulu retrouver les jeux de mon enfance.

H : Il te reste quand même tes premières cartouches ?

L : Oui il m’en reste certaines sur NES, elles sont en boite, avec notice.

H: Aujourd’hui tu travailles toujours dans le domaine de l’informatique, quel rapport as-tu avec le jeu vidéo ? As-tu toujours le temps de jouer ?

L : En fait beaucoup moins. Au début, je me considérais vraiment comme un geek alors qu’aujourd’hui je me suis « assagi » – ce que je veux dire par là c’est par exemple que j’ai la WII U mais j’y joue beaucoup moins.

J’ai toujours cette passion en moi, même si avant j’étais un pur « fanboy Nintendo » et qu’aujourd’hui ils ne me font plus autant rêver qu’avant…

Les vide-greniers

H : Peux-tu nous raconter comment tu récupérais tes jeux à l’époque?

L : Au début c’était surtout sur eBay, ensuite et de plus en plus dans les vide-greniers, j’en faisais tous les dimanches ! Mon père est un collectionneur de bandes dessinées et de comics, moi de jeux vidéo, donc on faisait les vide-greniers ensemble pour étoffer nos collections respectives.

Nous faisons parfois trois vide-greniers la même matinée ce qui nous permettait d’avoir une chance d’arriver dans les premiers sur certains stands.

Il y a eu une époque où l’on trouvait franchement beaucoup de choses : des jeux NES, SUPERNES, N64, GAME BOY… On achetait des lots pour 10 euros, parfois 5 euros…

H : C’était à quelle époque ?

L : Je devais avoir17-18ans.

Au bout d’un moment, on s’est rendu compte qu’on avait écumé la région et surtout le marché s’est vraiment « professionnalisé », du coup on trouvait de moins en moins de choses.

On demandait aux gens s’ils avaient des jeux vidéo, on leur montrait même des  pour qu’il puisseGame and Watch pour qu’ils puissent identifier facilement ce qu’on cherchait. On nous répondait souvent : « Quelqu’un est passé à 6h du matin avec sa lampe torche et a tout embarqué. »

On a finit par arrêter les vide-greniers à force de se lever et de ne rien trouver.

H : Tu ne cherchais que du Nintendo finalement ?

L : Oui, au début que du Nintendo.

Après quand tu vois une Atari, une Master system avec 10 jeux pour 10 euros, tu te dis qu’à ce prix tu prends le tout ; tu réfléchiras plus tard…

C’est comme ça que ma collection a évolué vers du SEGA, Atari, Neo Geo…

En rentrant, je testais ensuite ce que je venais d’acheter et c’était un plaisir de revenir à d’anciens jeux.

A un moment j’avais dans ma chambre les 4 consoles : NES, SUPERNES, 64 et GAME CUBE branchées en simultanément. Du coup je jouais à ce que je voulais.

H : Aujourd’hui tu as combien de jeux dans ta collection ?

L : J’ai essayé de compter, j’ai commencé à répertorier ma collection dans un fichier Excel.

J’ai surtout beaucoup NES et SUPER NES mais au total je dois bien avoir entre 500 et 600 jeux sur tout type de console.

H : Et combien de consoles ?

L : Je ne saurais pas te donner un chiffre exact ici non plus car j’ai pas mal de consoles en double : 4 ou 5 Nes, 4ou Super Nes également et toutes les autres consoles de Big N. J’ai aussi une Master System, une Game Gear et quelques autres consoles portables. une NEOGEO que je n’arrive plus à faire fonctionner (je suis dégoûté – rires).

H : Pourquoi avoir 4 ou 5 NES ?

L : Du fait des vide-greniers typiquement… Souvent j’achetais des lots juste pour un des jeux compris dedans. C’est vrai que je savais exactement quels jeux j’avais ou n’avais pas.

J’avais donc pas mal de doubles, je faisais la comparaison des jeux en meilleur état que je gardais et je vendais le reste sur ebay.

H : Tu achetais pour revendre également ?

L : Pas spécialement. Ce n’était pas la volonté de revendre en tout cas, un peu les doubles mais sinon non.

Quel collectionneur/joueur es-tu ?

H : Es-tu un collectionneur plutôt exigent (objet en état parfait, boîte et notice) ?

L : Pas spécialement, c’est surtout le jeu en lui-même qui m’intéresse…

En fait par la passé, tu achetais une NES et tu jouais direct. Aujourd’hui avec les jeux connectés, le jour ou l’éditeur décide de fermer les serveurs, tu ne pourras plus jouer à l’intégralité de ton jeu et je trouve ça horrible ! Par exemple sur ma WII U je peux jouer à des jeux dématérialisés mais dans 20 ans est ce que ce sera toujours possible ?

C’est un gage de sécurité d’avoir les vieux jeux, je suis sûr de pouvoir y rejouer…

H : Quel est ton type de jeu préféré ?

L : Pas un type de jeu en particulier mais plutôt les éditeurs, par exemple les jeux de Rare.

RARE c’était le top !

NDLR : RAREWEAR editeur de Donkey Kong Country sur Super NES, racheté par Microsoft en 2002. Avant 1985, la société était connue sous les noms de Ashby Computer & Graphics et Ultimate Play the Game.

Après tous les jeux Nintendo étaient souvent des bons jeux aussi.

Et puis il y a eu les gros éditeurs comme KONAMI ou CAPCOM qui étaient gage de qualité et de sécurité quand tu achetais un jeu.

La notion de localisation n’a pas d’importance. Il faut seulement que ce soit du PAL pour que je puisse y jouer.

Par exemple comme je ne suis pas un tueur en anglais, si tu me mets un RPG JAP ou Anglais, ça ne sert à rien ; il faut que le RPG soit en Français.

H : Est-ce qu’il y a un jeu qui t’a vraiment marqué en particulier ?

L : Le premier qui m’a marqué étant tout gosse : c’était les Tortues Ninja sur Nes.

Le jeu est tellement dur… Rien que le niveau 2 (le niveau de l’eau) est tellement dur que quand tu le passes tu crois que t’as fini le jeu !

Vers l’âge de 18 ans et je me suis dit que j’allais réessayer de le finir. Il m’aura donc fallu13 ans à finir ce jeu, et je ne l’ai fini qu’une seule fois dans ma vie !

C’est un jeu que j’ai gardé, qui n’est pas spécialement rare car il était en bundle avec la NES mais c’était la grande époque des Tortues Ninja.

jeux nes
Mes jeux marquants sur Nes

H : D’autres jeux sur lesquels tu as bien transpiré ou a de bon souvenirs ?

L : Secret of Mana, un jeu vraiment culte. Epoque SquareSoft : la grande époque du RPG japonais.

jeux snes
Mes jeux marquants sur Super NES

Il y a eu Majora’s Mask aussi, on m’avait dit qu’il était en rupture et que je n’allais pas pouvoir y jouer. En fait, il était dans ma chambre. J’en ai pleuré tellement j’étais content de l’avoir, c’était un super jeu !

H : Comme quoi il n’y a pas que Mario chez Nintendo.

L : En parlant des MARIO, je les ai tous fait et j’ai beaucoup d’objets dérivés.

J’avais aussi une PLV de METROID que j’ai donnée à un ami qui fait des salons de rétrogaming pour qu’il habille son stand.

A propos de ta collection et de tes recherches

H : Actuellement en parlant de jeu ou de console, quel serait l’objet que tu recherches le plus ?

L : Ce serait le jeu Secret of Mana avec son guide… J’ai dû le prêter à l’époque ou même peut-être le perdre. J’aimerais bien pouvoir retrouver Secret of Mana en complet.

Mais je ne pense pas que ce soit une pièce très difficile à se procurer. Un jour, en farfouillant un petit peu, je pense que je pourrais le retrouver…

J’aime bien aussi avoir des franchises complètes, par exemple tout ce qui est SMASHBROS ou MARIO KART, j’ai les séries complètes. Il ne m’en manque pas un.

Après le top pour moi c’est les GAME AND WATCH : il n’y a rien de mieux que ça !

Je trouve que ce sont vraiment de supers objets !

H : Pourquoi les Game and Watch ?

L : Je ne les ai pas connus à l’époque, j’en avais qu’un : le OIL PANIC que j’ai perdu… C’est un des objets de mon enfance donc j’aimerais bien retrouver celui-ci particulièrement.

Et puis je trouve que c’est un plaisir immédiat, on ouvre et pouf on joue !

Si je devais garder quelque chose de ma collection, ce serait forcément les GAME AND WATCH.

game and watch
Ma collection de Game and Watch
gameandwatch
Mes game and Watch fétiches

H : Et au niveau console ? Quelle serait  ta console de prédilection ?

L : La console à laquelle j’ai le plus joué, pendant mon adolescence, c’est la N64 : trois potes à la maison, 4 manettes, et c’est parti pour un après-midi jeux.

Et ça c’était pour moi vraiment la meilleure période des jeux vidéo ! Aujourd’hui, le multi, c’est un casque, c’est en ligne, et tu ne connais plus personne.

H : Quelle est la plus belle trouvaille que tu as pu faire ?

L : Peut-être la console Virtual Boy chez Cash Express. Je connaissais cette console de nom mais je n’en avais jamais vu. Je savais qu’elle n’était jamais sortie en France.

Le jour où je l’ai trouvée chez Cash Express, je n’ai pas réfléchi : je l’ai acheté pour 80€ à l’époque avec 6 ou 7 jeux.

virtual boy

H : Et après pour l’avoir testé ? C’est une console sympa ?

L : Non ! En fait c’est horrible à jouer !! C’est tout rouge, ça donne mal à la tête… !

Mais c’est la dernière console du créateur de Metroid, des GAME AND WATCH qui n’est plus là aujourd’hui.

NDLR : Gunpei Yokoi mort le 4 octobre 1997.

En créant les GAME AND WATCH et avec le succès rencontré, il a permis de remettre à flot Nintendo qui a ensuite créé la NES.

Le fait que ça soit sa dernière console, c’est important, il a vraiment marqué l’histoire de Nintendo.

H : Quelle a été ta plus grande folie ? L’achat le plus cher que tu as réalisé ?

L : Je n’en ai pas fait beaucoup. J’ai été un bon chineur et j’étais assez difficile…

J’avais vraiment mes quotas dans la tête et si ça dépassait, je n’achetais pas.

C’était le plaisir de se balader, pas forcément de trouver des trucs rares ou chers.

J’étais avec mon père, on se baladait, c’étaient nos moments à nous… Et puis à l’époque je n’avais pas beaucoup d’argent, il fallait faire attention.

L’évolution des jeux vidéo

H : Que penses-tu de l’évolution du jeu vidéo ?

L : J’ai du mal aujourd’hui avec le fait que tout soit connecté, on ne partage plus comme avant. C’est assez frustrant.

Et surtout ce qui m’énerve dans les jeux récents, c’est qu’il y moins de challenge.

Quand on fini un Tortues Ninja au bout de 13 ans, ça marque…

Le premier MARIO était très difficile, on y revenait tout le temps. Au final il se finit en très peu de temps. Mais c’était tellement dur, tellement difficile qu’on y revenait, on y rejouait sans cesse.

Aujourd’hui un MARIO ça se finit trop facilement et tu n’y reviendras pas forcément. Il n’y a plus ce challenge et cette fierté d’avoir fini un jeu.

Quand c’est difficile, on y attache beaucoup plus d’importance en fait.

Avec mon frère, sur certains jeux, comme il n’y avait pas de sauvegardes, on se relayait, c’était vraiment un challenge de finir le jeu et de partager ça.

Aujourd’hui on fait 10 mètres et il y a un check point, on nous facilite trop la tâche.

Quelque chose qui m’a frappé, ce sont les FIRE EMBLEM : le RPG tactique de Nintendo. Quand on perd son joueur, il meurt et il meurt pour toujours !! Il ne reviendra jamais.

Ce qui n’est pas du tout le cas dans le dernier FIRE EMBLEM sur 3DS. C’est ce qui faisait l’adrénaline du jeu, c’est dommage.

C’est vrai que je joue moins, mais dès que le prochain Zelda sort, je vais le faire, parce qu’il faut le faire !

A propos de ta rencontre avec Holdie’s

H : Qu’est ce que tu attends aujourd’hui du site Holdies ?

L : C’est surtout la communauté que je trouve intéressante.

Tu vois quand je dis que je suis collectionneur de jeux, il y a toujours des gens qui trouvent ça un peu bizarre.

Quand je dis que j’ai 5 consoles etc. (rires), je n’irais pas jusqu’à dire qu’on est stigmatisé mais pour certains on reste des geeks, alors qu’on est surtout des passionnés. Sur Holdie’s j’ai rencontré des gens avec qui je pouvais partager cette passion justement.

Et sur Holdies, lors des ventes, le chronoprice (ndlr : le système d’enchères descendantes) créé de l’adrénaline, c’est marrant et plutôt bien foutu !

H : Et du côté vendeur ?

L : J’ai déjà vendu un premier jeu sur Holdie’s et ça a bien fonctionné, mais je ne pense pas que je serai un souvent vendeur, je suis souvent content de donner des objets à des personnes qui peuvent leur offrir une seconde vie.

Je préfère transmettre à quelqu’un qui sera heureux plutôt que d’en tirer un quelconque bénéfice…

H : Es-tu entré en contact avec d’autres personnes par le biais de Holdies ?

L : Pour l’instant, j’observe l’évolution du site, je m’y retrouve assez car il y a une belle mentalité et une bonne ambiance.

J’attends surtout la nouvelle application de pouvoir acheter et vendre facilement et peut être avoir un aspect forum, plus communautaire, pour partager également notre passion.

C’est vrai que j’ai hâte d’aller faire un tour et de voir ce que va donner la nouvelle application Holdie’s ! 😉

H : Merci Loïc de nous avoir reçu, de nous avoir fait partager ta passion d’avoir répondu à nos questions. 

Interview réalisée par Laurent @ Holdie’s

Holdie’s est la 1ère application retrogaming de ventes privées entre collectionneurs de jeux vidéo.

INSCRIVEZ-VOUS : www.holdies.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s