Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Mario86 qui ne manque pas d’intérêt, ni de centres d’intérêt comme vous allez le voir ! Guillaume, qui sévit sur le net sous le pseudo de Mario86, est un fan de Nintendo ; collectionneur de tout ce qui touche à Mario ; Président de la Fédération française de Super Mario Kart et recordman mondial de timelaps sur plusieurs circuits ; il est également modérateur du forum de jeuxvideo.com ; fondateur du site Mario Museum (en ligne depuis 2001) ; et collectionneur de ce qui se rapporte à l’univers du groupe de musique Nirvana !

Ça en fait des passions n’est-ce pas !

Rencontre passionnante avec passionné !

Holdie’s : Salut Guillaume, première question classique : peux tu nous faire une présentation personnelle ?

Mario86 : Bonjour, je me prénomme Guillaume, âgé de 28 ans et principalement connu dans le « web vidéoludique » sous le pseudo de « Mario86 ». Je passe ma vie dans la sphère du web et du e-commerce en particulier, entre Reims et la région parisienne.

Collectionneur Mario

H : Tu es un fan de Nintendo et un collectionneur de tout ce qui concerne Mario, peux tu nous parler de cette passion ? Depuis quand et d’où vient cette passion ?

M : En effet, j’ai toujours été lié de près au plombier italien, et à la marque Nintendo de façon plus générale.

collection Mario
Une vitrine remplie jusqu’au dessus

Cela remonte comme beaucoup à des souvenirs d’enfance, ayant joué à toutes les consoles Nintendo (Virtual Boy exceptée, ne la possédant que pour la collection) pendant plus de 15 ans à partir de mes tous premiers pas dans l’univers du jeu vidéo en 1992.

C’est en effet à Noël 1992 que j’ai acquis ma première console et mon premier jeu vidéo, une NES avec Super Mario Bros., ce qui est d’une originalité incroyable… j’ai donc grandi, surtout entre 1993 et 1997, avec ce personnage, son univers, ses aventures, partageant en plus cette passion avec ma mère qui a toujours adoré y jouer avec moi, et s’est elle-même forgé sa propre collection et une grande expérience de joueuse.

Du coup, c’est tout naturellement que Super Mario est devenu la série vidéoludique à laquelle j’ai consacré le plus de temps, aussi bien en terme de jeu que de collection. Et ce même si, en devenant plus adulte, Mario s’est vu occuper une place moins primordiale dans mon existence et dans mon expérience de gamer…

collec tion jeux Mario
Des jeux Mario
mario collection
et sur tous les supports

H : Combien d’objets Mario as-tu ? 

M : Je n’ai jamais compté, je suppose que ça se chiffre en centaines, entre les jeux (évidemment), les figurines, peluches, et innombrables produits dérivés plus ou moins farfelus. J’ai toutefois fait très peu d’acquisitions au niveau des produits dérivés « modernes », autour de l’ère 3D en fait. J’ai un gros faible pour tous les « goodies » pré-N64, basés notamment sur les artworks de Mario, Luigi, Yoshi et compagnie à l’époque de la Super Nintendo et de la Game Boy (disons 1990-1995), et même si je n’en cherche pas spécialement, je privilégierai toujours ces derniers lorsque des opportunités d’agrandir ma collection se présentent.

jeux mario
et sur tous les supports

H : Quelle est ta pièce fétiche ? 

M : Une de mes pièces fétiches est un vrai-faux produit dérivé, en fait il s’agit de paquets de biscuits « Crok’Images » produits environ entre 1992 et 1996 (encore une fois…) tous à l’effigie de Mario et de son entourage, avec différents mini-jeux basés sur l’univers Super Mario au fond des paquets. J’ai la chance de posséder l’intégralité des variations de paquets existants avec tous les mini-jeux, en état impeccable, ma mère ayant eu l’idée assez géniale de m’en garder un de chaque à l’époque — ce qui n’était pas difficile vu que j’en engloutissais un paquet par jour quasiment… je n’ai jamais vu ces paquets de biscuits dans aucune autre collection et comme, en plus, je continue de consommer leurs « héritiers » (recette identique, mais sous une autre licence, n’ayant plus rien à voir avec Mario), donc j’y suis très attaché, et ça me rappelle les goûters de mon enfance en rentrant de l’école primaire, avant de jouer à Super Mario Kart. Et éventuellement de faire mes devoirs, aussi. 🙂

collection mario
On y retrouve de tout !

H : Quel est ton Graal ?

M : Côté Graal, je vais clairement séparer la partie jeux vidéo de la partie goodies. Je rêve d’un exemplaire sous blister original de Super Mario Kart ou de Yoshi’s Island, ou tout simplement de rencontrer un jour Miyamoto et de me faire dédicacer un de mes titres favoris de la saga (je pencherais là encore pour SMK). Sur le plan des produits dérivés, je sais qu’il existe un flipper Super Mario, que j’adorerais voire intégrer ma game room. Enfin, le jour où j’aurai une game room, bien sûr; malheureusement, 90% de ma collection autre que purement vidéoludique (donc quasiment tous les goodies) est actuellement entassée dans des cartons en attendant le jour où je pourrai enfin fièrement l’exposer. 😦

collection mario
Fans de Mario, accrochez-vous !

Champion de Super Mario Kart

H : Tu es le fondateur de ffsmk.org : la Fédéreation française de Super Mario Kart, peux tu nous parler de cette aventure et de ses implications ?

Ce n’est pas tout à fait exact, j’ai rejoint l’association en 2004, deux ans après sa création et ai repris sa présidence en 2009. Mon implication dans cette fédération y est en effet très importante depuis 2008 et la première organisation de championnat annuel dont je me suis occupé avec celle qui allait devenir ma femme (et aussi secrétaire de l’association), parce que je sentais que cette manifestation était en pleine expansion au-delà de son simple contexte francophone, et que je souhaitais dévouer beaucoup de mon temps à l’amélioration de sa structure au vu des proportions que prenait le championnat.ffsmk

J’ai dû apprendre à concilier participation en tant que compétiteur, mais aussi la gestion de tout ce qu’un tel événement pouvait impliquer d’un point de vue administratif et relationnel. Étant animateur de communautés dans l’âme, c’est une fonction à laquelle j’ai très vite pris goût, et que je continue d’occuper avec plaisir en dépit des exigences de plus en plus élevées…

En effet, avec davantage de médiatisation, notre championnat initialement très « amateur » dans l’esprit se rapproche de plus en plus de gros meetings vidéo-ludiques de niveau professionnel, et il faut en plus gérer la meilleure image possible d’une communauté qui a heureusement l’immense mérite d’évoluer.

En témoigne notamment le site web tout frais mis au point par un de nos plus fidèles membres, en collaboration permanente avec les meilleurs joueurs et les « archivistes » de la communauté française, voire internationale du jeu.

En résumé, je dirais que je ne savais pas forcément ce que pourrait amener cette prise de responsabilités au fil des ans, mais que je suis vraiment content de la façon dont les choses ont évolué, et que je suis très fier d’être à la tête d’une communauté en perpétuelle évolution, incroyablement accueillante et qui assure la promotion d’un jeu vieux de plus de 20 ans avec brio.

H : Pour vous donner une idée du niveau, voici la vidéo d’un des records du monde détenu par Guillaume

Collectionneur Nirvana

H : Tu es également un fan de Nirvana et as une des plus belles collections connues à ce jour, parle de nous de cette collection. Depuis quand, pourquoi, quelle est ta plus belle pièce, quelles sont tes recherches ?

M : Nirvana est un groupe que j’ai découvert sur le tard, à l’image de la culture musicale que je me suis faite seulement à partir de mes 14-15 ans. Sans être passé en premier lieu par l’évident Nevermind que j’ai mis quasiment un an à connaître après mon premier contact avec le groupe, j’en suis devenu extrêmement fan, je ne vais pas développer pourquoi sinon l’interview n’en finirait jamais. Je dirai juste qu’une énorme partie de ma vie a basculé grâce à ma passion pour ce groupe, sans que je ne le regrette une minute.

Pour ce qui est de l’aspect purement « collection », c’est simple : je me suis mis à être vraiment fan du groupe en même temps que je me suis inscrit sur eBay, quand j’avais 17 ans.

Je me suis donc fait une petite collection de raretés, puis j’ai intégré la communauté des collectionneurs du groupe en 2006 (dont je gère désormais le forum associé), auprès de qui j’ai appris énormément de choses, et qui m’ont également fourni de très belles pièces au travers de nombreux achats, ventes et échanges à travers le monde.

collection Nirvana
Collection Nirvana de Mario86

Il n’y a plus énormément de collectionneurs français du groupe, même si je n’ai clairement jamais eu la collection Nirvana la plus importante en France. Certaines pièces valent plusieurs milliers d’euros et je n’en possède aucune, n’ayant jamais dépensé de sommes indécentes pour cette collection comme pour les jeux vidéo, en fait. À une exception près: un pressage anglais très rare (300 exemplaires, a priori) sur vinyle blanc de leur premier album, Bleach. Il s’agit du tout premier disque de Nirvana pressé et publié en Europe, qui cote dans les 350-400 €, et que j’ai dû payer dans les 270. Sinon, je n’ai fait que de très rares acquisitions dépassant (de peu à chaque fois) les 80-90 €.

nirvana collection
Smells like…

Cependant, avec le temps, beaucoup de disques ont pris une valeur bien plus importante que leur cote approximative à l’époque de leur acquisition. Je dirais, ainsi, que ma pièce la plus rare est un CD promo australien du titre « Lake of Fire » présent sur le live unplugged de 1994. On estime qu’il y en a moins de 100 exemplaires, et il se vend, aux dernières nouvelles, dans les 500 €. À noter que je limite ma collection aux publications audio/vidéo (vinyle, cassette, CD, VHS, DVD, laser disc, blu-ray…), mais n’ai quasiment pas de bouquins, posters ou autres articles de collection liés au groupe.

collection nirvana
Des 45 tours Nirvana

Dans cette perspective, les deux articles me faisant le plus rêver sont l’évident tout premier disque du groupe, à savoir le single vinyle de « Love Buzz », limité à 1,000 copies toutes numérotées à la main, énormément contrefait et qui vaut entre 1,500 et 2,000 €. Ce serait la consécration d’une collection, même si celle-ci est très peu active depuis deux ou trois ans. Je vise également le bien plus abordable (alors que plus rare!) CD maxi de « Pennyroyal Tea », prévu pour sortir le week-end où Kurt Cobain s’est suicidé, et immédiatement retiré des ventes avant même d’entrer en rayons, seuls quelques centaines d’exemplaires (commercialisables, avec code barre, numéro de catalogue, etc.) ayant survécu à la destruction. Là, on est davantage dans les 400 € environ, et je n’envisage pas de ne pas me permettre ce craquage un jour, le trouvant à mes yeux justifiable, sans aller jusqu’à oser le qualifier de raisonnable, bien entendu.

vinyles nirvana
en passant par les 33 tours

Le principal problème avec cette collection, c’est qu’elle est très spécifique, ultra difficile à alimenter car je ne cherche plus que quelques dizaines de disques vraiment introuvables (et pour certains, pas vraiment cotés, mais ils n’apparaissent juste JAMAIS en vente!), et aussi parce que vraiment passée au second plan derrière ma collection vidéoludique, alors qu’entre 2005 et 2008, elle était clairement prioritaire à mes yeux.

collection CD nirvana
et les différentes versions des albums CD du groupe
CD nirvana collection
beaucoup de CD !
collection dvd nirvana
sans oublier les DVD !

Collectionneur… tout court !

H : As-tu d’autres collections ?

En marge de Nirvana, j’ai beaucoup collectionné les disques de mes groupes favoris, en CD et vinyle. J’ai ainsi pas mal de pièces rares du côté d’oasis, de Guns N’ Roses et Metallica, notamment. Mais j’ai totalement stoppé cette collection et ai énormément de CD et vinyles à vendre, j’envisage un jour une grande purge de tout ce qui n’est pas Nirvana, afin de ne garder qu’un exemplaire de chaque album pour le côté « je le possède officiellement« , voire quelques vinyles ou boxsets vraiment sympa visuellement, ou qui ont une histoire.

J’ai aussi, il fut un temps, collectionné les répliques de Formule 1 à l’échelle 1/43è.

Sans être un fan de modélisme, c’est ma grande passion pour cette discipline qui justifiait l’acquisition de quasiment un exemplaire de chaque réplique existante par saison, avant là encore de me séparer de nombreuses pièces. Je ne collectionne plus du tout ces modèles réduits, mais j’en ai gardé une bonne trentaine, et comme par hasard, je ne me suis séparé que de ce que j’avais de plus commun et de moins intéressant, conservant de nombreuses éditions limitées, ou pièces recherchées du fait d’un contexte particulier (par exemple, la tristement célèbre Williams d’Ayrton Senna de 1994).

H : D’où vient cet amour de la collection ? Y-a-t-il une histoire particulière qui a fait de toi un collectionneur ?

Aucune idée. Je sais que je suis naturellement soigneux, voire un peu maniaque, et que même si j’aime profiter de la vie à l’instant présent, j’aime aussi « capitaliser » (même si je déteste ce terme, je ne vois pas comment le dire autrement). C’est dans mes gènes, je ne saurais vraiment pas l’expliquer. Je préfère dépenser une somme élevée dans une pièce rare que dans un bon restau, même si selon le contexte, il y a tout un tas d’interactions sociales qui passeront avant la collection.

En témoigne notamment le voyage à New York que je me suis offert en 2013, qui a nécessité énormément d’investissement financier en lieu et place de consoles et jeux, ou même de disques de ma liste de recherche que je pouvais me permettre d’acheter. Disons que je reste modéré quand même, désireux de concilier au mieux collection et vie sociale, ce que je trouve être un équilibre sain. Même si ça n’a jamais été facile…

H : Que pense-tu de l’évolution du marché de la collection de jeux vidéo ?

C’est clairement quelque chose qui me fait peur, et que je trouve devenu vachement malsain. D’une part, de plus en plus de gens se revendiquent collectionneurs sans avoir vécu réellement l’époque des titres qu’ils entassent chez eux. Attention, je ne vise pas une tranche d’âge, mais bel et bien des gens qui ont pourtant vécu à cette époque, mais n’en avaient pas grand-chose à faire du temps où les jeux et consoles, qu’ils convoitent aujourd’hui, régnaient sur l’univers des jeux vidéo.

L’attitude purement mercantile autour du jeu vidéo, qu’il soit de collection ou non, a toujours existé, et se trouve tout à fait légitime dans le cadre d’un business sain qui contente les deux parties. Mais lorsqu’on en arrive à voir des pauvres types débarquer en brocante à 5 h du matin et courir (littéralement) d’un stand à l’autre en harcelant les vendeurs sans aucune formule de politesse, afin de récupérer des jeux qu’ils ne connaissent même pas dans le seul et unique but de les revendre au prix fort sur les marketplaces dans l’après-midi… et la plupart en toute illégalité, au black… je trouve ça écœurant, désolant.

Dans tout ça, les collectionneurs de longue date ne peuvent plus vraiment agrandir leur « patrimoine vidéoludique » sans mettre la main à la poche, et ceux qui s’y mettent de bonne foi, par réelle nostalgie, ne peuvent quasiment rien trouver, ou doivent se contenter d’entasser du « loose » et des titres de qualité discutable à défaut de mieux. Ce marché s’est trouvé totalement vampirisé en quelques années, et je n’ai vraiment plus le sentiment d’appartenir à cet univers. Je suis un collectionneur d’une autre époque, avec d’autres « valeurs » si j’ose dire, et heureusement qu’il reste des communautés saines sur le web pour discuter entre réels passionnés, sinon je crois que je bazarderais tout hormis les titres que j’ai depuis 20 ans… :p

H : Merci pour tes réponses Guillaume ! Ce fût une entrevue très intéressante, passionnante même ! Bonne continuation dans tes collections, et tes projets ! 😉

Crédits photos : collection de Mario86

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